01 juin 2006
NOUVEAU BLOG
On déménage !
Retrouvez désormais le blog de Alain de La Morandais à l'adresse
cliquez sur le lien pour vous y rendre
(ce blog-ci sur canalblog ne sera plus alimenté)
22 mai 2006
jeudi de l'ascension
Chapelle de l’Agneau Vainqueur jeudi de
l’Ascension
I Jean IV, 11-16
Il leur paraissait. Pendant trois ans.
Il leur apparaissait. Pendant quarante jours.
Il disparaît. Jusqu’à son retour à la fin des temps.
Paraître .Apparaître. Disparaître : mystérieux
itinéraire de cet Homme, hors du commun.
Il leur paraissait comme eux,
comme un homme, avec son corps d’homme qui avait faim ,
qui avait soif et sommeil, et trop chaud et trop froid. Un corps qui savait le
goût de la sueur et des larmes, l’oppression du cœur qui se met à battre trop
vite sous le coup de l’émotion, de la compassion . Un
corps à la sensibilité vive, parfois secoué par les tensions de la chair
humaine, sur le qui-vive, la distance ou l’ abandon.
Oui, même la tendresse. Ainsi de ce geste unique d’abandon du disciple
« bien aimé » - symbole de ce à quoi chacune et chacun d’entre nous
est appelé - , qu’il accueille parce qu’il est le signe d’une unité ,
d’une harmonie même de cet Homme avec sa propre sensibilité, son affectivité et
celle de ce disciple, mais, en même temps, l’acceptant, le signifiant devant
les onze autres, Il invite à l’élargissement, à cet universalité de l’amour
divin qui ne saurait s’arrêter seulement sur une seule personne.
Rien de trouble, rien de possessif
en Lui, puisque son Corps n’est pas blessé par le péché, celui des origines,
qui a faussé en nous l’image que nous aurions pu devenir du Créateur. Lui, Fils
d’Homme et Fils de Dieu, engendré et non pas créé, est totalement l’image du
Père. Mystérieuse et unique singularité de cet Homme si semblable à nous mais
dont la dissemblance affleure sans cesse. Avant sa mort et à sa Résurrection,
déjà l’épisode qui annonçait une
dissemblance plus radicale encore, était celui de la Transfiguration.
Après sa mort et sa Résurrection, le Christ ne parait plus devant les
siens : Il apparaît
et chaque fois, la dissemblance s’accentue. Un des traits communs à toutes les
apparitions du Christ ressuscité – à Marie Madeleine, aux pèlerins
d’Emmaüs, aux disciples au bord du lac de Tibériade, au rendez-vous en
Galilée avec les onze dont certains doutent – est que d’abord Il n’est pas
reconnu des siens. Il a un corps, un vrai corps, que les saintes femmes et
Thomas vont même toucher pour vérifier physiquement, un corps qui boit et qui
mange et qui ne parait plus soumis aux mêmes lois physiques du temps et de l’espace.
Un corps rendu à une liberté dont il nous arrive peut-être de rêver mais dont
nous ignorons tout.
Ce corps du Christ des quarante
jours d’après la Résurrection jusqu’à l’Ascension, est un corps « intermédiaire »,
à la fois charnel et spirituel, corps de résurrection et corps de gloire qui
préfigure la créature nouvelle que nous serons. L’ Ascension
est, dans ce sens, une annonce
prophétique de la condition humaine future, au-delà du terrestre.
Fortifiés par cette espérance,
allons-nous, pour autant, les yeux perdus dans les cieux, mépriser notre corps
d’aujourd’hui ? Dans l’espoir de flipper dans la béatitude finale ?
Notre corps d’aujourd’hui, quelle
que soit l’estime ou le dégoût que nous en avons, a été ensemencé de divin par
l’Incarnation du Christ, purifié par le Baptême et sacralisé par la présence de
l’Esprit en nous. Promis à la re-création, à être rendu enfin à la liberté
absolue vers laquelle il tend et gémît, il est déjà beau aujourd’hui, au regard
de Dieu.
Même par un corps blessé par l’âge,
par les épreuves et la maladie, par les trahisons du cœur, par ce corps peut
passer au travers d’un regard ou d’un sourire, un peu, beaucoup d’amour – de cet
amour-là qui peut rendre au respect de soi-même.
La vision, même furtive, d’un visage
baigné par les larmes joyeuses de la grâce peut vous révéler une beauté qui
rend nos appréciations esthétiques dérisoires et nous fait physiquement croire
à la promesse d’une beauté souveraine et libre dans l’éternité. Signe de Dieu
qui passe aujourd’hui par un corps.
Enfin, allant jusqu’au bout de la
dissemblance, ce corps du Christ, après un dernier repas, se distingue d’eux,
se détache et disparaît.
Il était temps car voici que l’ancien malentendu revenait : « Est-ce
maintenant que tu vas réaliser la Royauté en Israël ? »
Ce qu’avec son corps, son regard, sa
parole, Il n’a pu leur faire comprendre, eh bien ! l’Esprit Saint,
invisible, le leur fera découvrir. Avec succès. Décidément, il était bon pour
eux qu’Il s’en aille !
Père de La Morandais
Père Alain Maillard de la Morandais
http://morandais.canalblog.com/
Chapelle de l'Agneau de Dieu
3 Rue Paul Henri Grauwin
75012 Paris
20 mai 2006
homélie du 21 mai 2006
Chapelle de l’Agneau
Vainqueur
dimanche 21
mai 2006-05-20
Amitié du Fils et amour
fraternel chrétien
Jean XV, 9-17
Le Père est à l’origine de tout et
c’est à son assistance que le travail des apôtres devra ses résultats.
L’ensemble est présenté comme un échange d’amour qui du Père, par le Fils,
descend vers les disciples. Le Père a témoigné son amour au Fils en Lui donnant
pour mission d’être sa révélation subsistante. L’amour du Père, dont il est ici
question, n’a donc pas directement trait à la communion d’être du Père et du
Fils comme telle mais bien à la mission du Fils dans le monde. A ce stade de la
révélation, les rapports des trois personnes sont considérés avant tout dans
leur relation au salut des croyants. Le Père aime le Fils et s’exprime en Lui,
en vue de la révélation de Lui-même au monde. En présentant le Fils comme
l’image du Père, saint Jean n’a pas pour but d’ouvrir la voie à des
spéculations sur le mystère de la Sainte Trinité mais songe uniquement à
préciser le rôle du Fils dans le monde. La plénitude d’être du Père, qui est
comme occultée dans le Fils, ne peut être connue que par l’envoi du Fils dans
le monde.
La mission que le Père a remise au
Fils est transférée par celui-ci à ses disciples : c’est à ceux de
prolonger la révélation du Père dans le Fils. Ils ne peuvent donc pas garder
par devers eux seulement la richesse de la révélation – la révélation ne
s’accomplit par ésotérisme ! – mais se doivent la communiquer largement aux autres. Ce n’est
pas celui qui possède beaucoup qui est riche, mais celui qui donne en
abondance : la véritable richesse a pour effet la générosité du cœur.
Ainsi la largesse du Père au Fils s’épand partout, grâce aux disciples, en
flots pressés.
La dignité dont ils ont été revêtus
par l’amour du Fils comporte pour eux l’obligation d’accomplir leur mission
avec fidélité,
comme le Fils Lui-m^me a accompli avec fidélité celle que le Père lui a
confiée, jusqu’à la mort. Si le Père a tout remis dans les mains de son Fils, , Celui-ci a fait connaître au monde ce qu’Il avait appris
du Père ou ce qu’Il avait vu auprès du Père. De m^me pour les disciples cette
exigence de rendre témoignage à la révélation qu’ils ont reçue.
La mort du Fils est la marque
suprême de sa fidélité à la mission que le Père lui a remise. Elle est aussi la
preuve la
plus manifeste de son amour pour les siens. Sa fidélité au Père et son amour
pour les siens se croisent dans la mort sur la croix. Aussi lorsqu ’Il leur demande de demeurer en son amour, Il veut
faire entendre que l’amour ne doit pas rester sans réponse, mais doit les
inciter à rendre un témoignage sincère à cet amour qu’Il leur a porté, en
pratiquant à leur tour l’ amour
fraternel. Demeurer en son amour, c’est rester profondément
attaché à son amour pour nous, plutôt que Lui rester fidèle « en observant
les commandements. » L’amour suppose la fidélité à la Loi mais la dépasse
infiniment.
Tout cela, Il le leur dit afin que
sa Joie
soit en eux. Ce fut en effet sa Joie de pouvoir communiquer la révélation du
Père et la réalité du salut : à présent cette Joie passe en eux, pare
qu’ils en connaissent désormais tout le sens et peuvent la transmettre par
l’amour fraternel. Quoique leur tâche soit de nature à attirer sur eux la haine
du monde, elle ne pourra être trop pesante sur leurs épaules, et leur sera un
motif de Joie et d’enthousiasme.
Ils sont des amis, en dépit du
titre de « serviteurs » qu’Il leur donnait le plus souvent, et ils
demeureront ses amis, s’ils sont fidèles à la mission confiée. Cette mission
n’est pas un ordre donné par un supérieur lointain et inconnu, mais une tâche
commune qui suppose une entente heureuse entre le chef et ses collaborateurs . Le serviteur exécute les ordres de son
maître, bien qu’il n’en comprenne pas nécessairement le sens et la raison, mais
les disciples sont des amis, parce qu’ils connaissent les secrets du Maître,
qui sont ceux du Père. Ils ne sont pas de simples chargés de mission, qui se
contentent de transmettre les instructions et de rédiger des procès-verbaux.
Ils sont admis dans l’intimité du Fils, qui leur a fait connaître tout ce qu’Il
a appris du Père. Dès ce moment, en principe, ils reçoivent la pleine
communication de sa révélation, du moins en son principe, car l’effusion de
l’Esprit relève de la révélation de la gloire, qu’elle permet de connaître.
Si seule le Fils pouvait révéler le
Père, en tant que Fils unique en communion parfaite avec le Père, seuls les
disciples deviennent les témoins véridiques de sa révélation, car seuls eux, et
eux seuls, ont été admis par le Fils dans son amitié et à la communication de
son secret : la connaissance et l’amour du Père !
Père Alain Maillard de la Morandais
http://morandais.canalblog.com/
Chapelle de l'Agneau de Dieu
3 Rue Paul Henri Grauwin
75012 Paris
17 mai 2006
télé
Jeudi 18 mai sur France 4 (tnt) le Père de La Morandais est invité à « Culture pub » avec Malek Chebel sur le thème de l’érotisme et le christianisme et l’Islam.
Père Alain Maillard de la Morandais
http://morandais.canalblog.com/
Chapelle de l'Agneau de Dieu
3 Rue Paul Henri Grauwin
75012 Paris
12 mai 2006
Chapelle de l’Agneau Vainqueur dimanche 14 mai 2006-05-12
La vigne Jean XV ,1-8
Peu de cultures autant que la vigne dépendant à la fois du travail attentif et ingénieux de l’homme, et du rythme des saisons.
La Palestine, terre de vignobles, enseigne à Israël à goûter les fruits de la terre, à mettre tout son cœur à une tâche prometteuse, mais aussi à tout attendre de la générosité divine .D’autre part, la vigne, si précieuse, a quelque chose de mystérieux : elle ne vaut que par son fruit ; son bois est sans valeur et ses sarments stériles ne sont bons qu’à faire du feu … Mais son fruit « réjouit le cœur de l’homme ». La vigne donc, cache un mystère plus profond : si elle peut apporter la oie au cœur de l’homme, il est une VIGNE dont le fruit est la Joie de Dieu.
La vigne, joie de l’homme. Noé, le juste, plante sa vigne sur une terre que Dieu a promis de ne plus maudire : la présence de vignobles sur nos terres est le signe que la bénédiction de Dieu n’a pas été totalement détruite par le péché de l’homme. Dieu promet et donne à son peuple une terre riche en vignes. Mais ceux qui oppriment le pauvre ou sont infidèles à Dieu, ne boiront pas le vin de leurs vignes : elles feront place aux ronces ! Le signe de la justice en Israël, c’est le roi bon sous le règne duquel chacun vit en paix, sous sa vigne et son figuier. La vigne sera féconde : image de l’épouse du juste ! La vigne qui bourgeonne symbolise l’espoir des époux qui, dans le Cantique des cantiques, chantent le mystère de l’amour : « Introduisez-moi dans la maison du vin ! »
Dieu est époux et vigneron. Le Dieu d’Israël a sa vigne et c’est son peuple. Pour le prophète Osée, Israël est un plant fécond qui rend grâces de sa fécondité. Pour Isaïe, Dieu aime sa vigne : Il a tout fait pour elle : « Que je chante à mon ami le chant de son amour pour sa vigne. Eh bien, la vigne de Yahwe Dieu c’est la maison d’Israël et les gens de Juda en sont le plant choisi. » … mais au lieu du fruit de justice attendu, elle lui a donné l’aigre vendange du sang versé : « Il en attendait l’innocence et c’est du sang ; il en attendait le droit, et c’est le cri d’effroi ! »
Pour Jérémie, Israël est un plant choisi, devenu dégénéré et stérile : il sera arraché ! Les vignerons fidèles ne seront pas ceux qui aveint d’abord été choisis … Pour récolter sa vendange, Dieu accueillera tous les ouvriers : travaillant depuis le bon matin ou embauchés à la dernière heure, tous recevront la même récompense car l’appel au travail et l’offre du salaire sont des dons gratuits : « tout est grâce ».
Ce symbolisme va se transférer sur la personne de celui qui incarne et récapitule le vrai peuple de Dieu : le Messie est comme un vigne, annonçait le prophète Baruch, et Jésus reprendra donc ce titre messianique – comme dans ce chapitre de Jean - , en proclamant qu’Il est le vrai Cep et que les hommes ne peuvent pas prétendre être la vigne de Dieu, s’ils ne demeurent pas en Lui. Il est la vigne et nous les sarments, comme Il est le Corps, et nous les membres. La vigne véritable c’est Lui, mais aussi son Eglise, dont les membres sont en communion avec Lui. Sans cette communion, nous ne pouvons rien faire : seul Jésus, vrai Cep, peut porter du fruit, un fruit qui glorifie le vigneron, son Père. Sans la communion avec Lui, nous sommes des sarments détachés du cep, donc privés de sève, non irrigués, stériles, bons pour le feu.
A cette communion tous les hommes sont appelés par l’amour du Père et du Fils ; appel gratuit, car c’est le Fils qui a choisi ceux qui deviennent ses sarments, ses disciples ; ce n’est pas eux qui le choisissent. Par cette communion, l’homme devient sarment greffé du vrai cep. Vivifié par l’amour qui unit le Fils à son Père – l’Esprit ! - , il porte du fruit, ce qui rend gloire au Père. Il communie ainsi à la Joie du Fils qui est de rendre gloire à son Père par le souffle de l’Esprit.
Tel est le mystère de la vraie vigne : du Christ et de l’Eglise, il exprime l’union féconde et la Joie qui demeure, parfaite et éternelle.
Père de La Morandais
Père Alain Maillard de la Morandais
http://morandais.canalblog.com/
Chapelle de l'Agneau de Dieu
3 Rue Paul Henri Grauwin
75012 Paris







