Chapelle de lAgneau Vainqueur                                                                 dimanche 14 mai 2006-05-12

La vigne                                                                                                               Jean XV ,1-8

Peu de cultures autant que la vigne dépendant à la fois du travail attentif et ingénieux de lhomme, et du rythme des saisons.

La Palestine, terre de vignobles, enseigne à Israël à goûter les fruits de la terre, à mettre tout son cœur à une tâche prometteuse, mais aussi à tout attendre de la générosité divine .Dautre part, la vigne, si précieuse, a quelque chose de mystérieux : elle ne vaut que par son fruit ; son bois est sans valeur et ses sarments stériles ne sont bons quà faire du feu Mais son fruit « réjouit le cœur de lhomme ». La vigne donc, cache un mystère plus  profond :  si elle peut apporter la oie au cœur de lhomme, il est une VIGNE dont le fruit est la Joie de Dieu.

La vigne, joie de lhomme. Noé, le juste, plante sa vigne sur une terre que Dieu a promis de ne plus maudire : la présence de vignobles sur nos terres est le signe que la bénédiction de Dieu na pas été totalement détruite par le péché de lhomme. Dieu promet et donne à son peuple une terre riche en vignes. Mais ceux qui oppriment le pauvre ou sont infidèles à Dieu, ne boiront pas le vin de leurs vignes : elles feront place aux ronces ! Le signe de la justice en Israël, cest le roi bon sous le règne duquel chacun vit en paix, sous sa vigne et son figuier. La vigne sera féconde : image de lépouse du juste ! La vigne qui bourgeonne symbolise lespoir des époux qui, dans le Cantique des cantiques, chantent le mystère de lamour : « Introduisez-moi dans la maison du vin ! »

Dieu est époux et vigneron. Le Dieu dIsraël a sa vigne et cest son peuple. Pour le prophète Osée, Israël est un plant fécond qui rend grâces de sa fécondité. Pour Isaïe, Dieu aime sa vigne : Il a tout fait pour elle : « Que je chante à mon ami le chant de son amour pour sa vigne. Eh bien, la vigne de Yahwe Dieu cest la maison dIsraël et les gens de Juda en sont le plant choisi. » mais au lieu du fruit de justice attendu, elle lui a donné laigre vendange du sang versé : « Il en attendait linnocence et cest du sang ; il en attendait le droit, et cest le cri deffroi ! »

Pour Jérémie, Israël est un plant choisi, devenu dégénéré et stérile : il sera arraché ! Les vignerons fidèles ne seront pas ceux qui aveint dabord été choisis Pour récolter sa vendange, Dieu accueillera tous les ouvriers : travaillant depuis le bon matin ou embauchés à la dernière heure, tous recevront la même récompense car lappel au travail et loffre du salaire sont des dons gratuits : « tout est grâce ».

Ce symbolisme va se transférer sur la personne de celui qui incarne et récapitule le vrai peuple de Dieu : le Messie est comme un vigne, annonçait le prophète Baruch, et Jésus reprendra donc ce titre messianique comme dans ce chapitre de Jean - , en proclamant quIl est le vrai Cep et que les hommes ne peuvent pas prétendre être la vigne de Dieu, sils ne demeurent pas en Lui. Il est la vigne et nous les sarments, comme Il est le Corps, et nous les membres. La vigne véritable cest Lui, mais aussi son Eglise, dont les membres sont en communion avec Lui. Sans cette communion, nous ne pouvons rien faire : seul Jésus, vrai Cep, peut porter du fruit, un fruit qui glorifie le vigneron, son Père. Sans la communion avec Lui, nous sommes des sarments détachés du cep, donc privés de sève, non irrigués, stériles, bons pour le feu.

A cette communion tous les hommes sont appelés par lamour du Père et du Fils ; appel gratuit, car cest le Fils qui a choisi ceux qui deviennent ses sarments, ses disciples ; ce nest pas eux qui le choisissent. Par cette communion, lhomme devient sarment greffé du vrai cep. Vivifié par lamour qui unit le Fils à son Père lEsprit ! - , il porte du fruit, ce qui rend gloire au Père. Il communie ainsi à la Joie du Fils qui est de rendre gloire à son Père par le souffle de lEsprit.

Tel est le mystère de la vraie vigne : du Christ et de lEglise, il exprime lunion féconde et la Joie qui demeure, parfaite et éternelle.

                                                                                                                                      Père de La Morandais

Père Alain Maillard de la Morandais

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