Chapelle de l’Agneau Vainqueur dimanche 21 mai 2006-05-20

 

Amitié du Fils et amour fraternel chrétien Jean XV, 9-17

 

Le Père est à l’origine de tout et c’est à son assistance que le travail des apôtres devra ses résultats. L’ensemble est présenté comme un échange d’amour qui du Père, par le Fils, descend vers les disciples. Le Père a témoigné son amour au Fils en Lui donnant pour mission d’être sa révélation subsistante. L’amour du Père, dont il est ici question, n’a donc pas directement trait à la communion d’être du Père et du Fils comme telle mais bien à la mission du Fils dans le monde. A ce stade de la révélation, les rapports des trois personnes sont considérés avant tout dans leur relation au salut des croyants. Le Père aime le Fils et s’exprime en Lui, en vue de la révélation de Lui-même au monde. En présentant le Fils comme l’image du Père, saint Jean n’a pas pour but d’ouvrir la voie à des spéculations sur le mystère de la Sainte Trinité mais songe uniquement à préciser le rôle du Fils dans le monde. La plénitude d’être du Père, qui est comme occultée dans le Fils, ne peut être connue que par l’envoi du Fils dans le monde.

La mission que le Père a remise au Fils est transférée par celui-ci à ses disciples : c’est à ceux de prolonger la révélation du Père dans le Fils. Ils ne peuvent donc pas garder par devers eux seulement la richesse de la révélation – la révélation ne s’accomplit par ésotérisme ! – mais se doivent la communiquer largement aux autres. Ce n’est pas celui qui possède beaucoup qui est riche, mais celui qui donne en abondance : la véritable richesse a pour effet la générosité du cœur. Ainsi la largesse du Père au Fils s’épand partout, grâce aux disciples, en flots pressés.

La dignité dont ils ont été revêtus par l’amour du Fils comporte pour eux l’obligation d’accomplir leur mission avec fidélité, comme le Fils Lui-m^me a accompli avec fidélité celle que le Père lui a confiée, jusqu’à la mort. Si le Père a tout remis dans les mains de son Fils, , Celui-ci a fait connaître au monde ce qu’Il avait appris du Père ou ce qu’Il avait vu auprès du Père. De m^me pour les disciples cette exigence de rendre témoignage à la révélation qu’ils ont reçue.

La mort du Fils est la marque suprême de sa fidélité à la mission que le Père lui a remise. Elle est aussi la preuve la plus manifeste de son amour pour les siens. Sa fidélité au Père et son amour pour les siens se croisent dans la mort sur la croix. Aussi lorsqu ’Il leur demande de demeurer en son amour, Il veut faire entendre que l’amour ne doit pas rester sans réponse, mais doit les inciter à rendre un témoignage sincère à cet amour qu’Il leur a porté, en pratiquant à leur tour l’ amour fraternel. Demeurer en son amour, c’est rester profondément attaché à son amour pour nous, plutôt que Lui rester fidèle « en observant les commandements. » L’amour suppose la fidélité à la Loi mais la dépasse infiniment.

Tout cela, Il le leur dit afin que sa Joie soit en eux. Ce fut en effet sa Joie de pouvoir communiquer la révélation du Père et la réalité du salut : à présent cette Joie passe en eux, pare qu’ils en connaissent désormais tout le sens et peuvent la transmettre par l’amour fraternel. Quoique leur tâche soit de nature à attirer sur eux la haine du monde, elle ne pourra être trop pesante sur leurs épaules, et leur sera un motif de Joie et d’enthousiasme.

Ils sont des amis, en dépit du titre de « serviteurs » qu’Il leur donnait le plus souvent, et ils demeureront ses amis, s’ils sont fidèles à la mission confiée. Cette mission n’est pas un ordre donné par un supérieur lointain et inconnu, mais une tâche commune qui suppose une entente heureuse entre le chef et ses collaborateurs . Le serviteur exécute les ordres de son maître, bien qu’il n’en comprenne pas nécessairement le sens et la raison, mais les disciples sont des amis, parce qu’ils connaissent les secrets du Maître, qui sont ceux du Père. Ils ne sont pas de simples chargés de mission, qui se contentent de transmettre les instructions et de rédiger des procès-verbaux. Ils sont admis dans l’intimité du Fils, qui leur a fait connaître tout ce qu’Il a appris du Père. Dès ce moment, en principe, ils reçoivent la pleine communication de sa révélation, du moins en son principe, car l’effusion de l’Esprit relève de la révélation de la gloire, qu’elle permet de connaître.

Si seule le Fils pouvait révéler le Père, en tant que Fils unique en communion parfaite avec le Père, seuls les disciples deviennent les témoins véridiques de sa révélation, car seuls eux, et eux seuls, ont été admis par le Fils dans son amitié et à la communication de son secret : la connaissance et l’amour du Père !

 

Père Alain Maillard de la Morandais

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